PROTECTION DE LA CULTURE DE POMME DE TERRE
indispensable, raisonnée, durable
Les menaces qui pèsent
sur la culture de la pomme de terre

une richesse à protéger
En France, la filière pomme de terre représente plus de 170 000 hectares cultivés et une production avoisinant les 7,7 millions de tonnes (2024).
Cette richesse agricole repose sur un produit vivant, vulnérable, et un savoir-faire technique qui demande rigueur et anticipation. La protection des cultures est donc un levier essentiel pour garantir la qualité, la sécurité alimentaire et la durabilité de la filière.
Maladies et ravageurs : Des risques MAJEURS POUR la pomme de terre
A chaque cycle de culture, la pomme de terre peut être menacée par des ennemis, visibles ou invisibles, susceptibles d’affecter non seulement les rendements, mais aussi la qualité des pommes de terre et leur aptitude à la conservation :
- Le mildiou : la maladie la plus redoutée, très virulente en conditions humides, qui peut anéantir une récolte entière. Denis Gaucher, Ingénieur R&D spécialisé en maladies des pommes de terre chez ARVALIS*, nous en dit plus en vidéo !
- Les pucerons : ils transmettent le virus Y qui peut impacter fortement le rendement et la qualité.
- Les ravageurs du sol : limaces, taupins (insecte), nématodes (vers microscopiques) …
- Les champignons qui altèrent la qualité des tubercules : Pythium, fusariose, gale commune et gale argentée.
- Les insectes défoliateurs : les altises et les doryphores peuvent causer d’importants dégâts sur le feuillage.
* Institut du végétal qui mène des travaux de recherche, notamment pour développer les pratiques durables de la filière.
Le mildiou : l’ennemi N°1 de la pomme de terre
Le mildiou reste aujourd’hui la principale préoccupation des producteurs de pommes de terre. En l’absence de protection, cette maladie peut détruire jusqu’à 100 % du feuillage en quelques semaines et provoquer la perte complète de la production.
Le mildiou est dangereux car il se propage très vite quand il fait chaud et humide : s’il réussit à infecter une parcelle, il devient très difficile de le contrôler !
📊 En 2024, des parcelles non protégées ont enregistré une perte moyenne de 40 à 70 % de rendement en fonction de la variété et de sa sensibilité au mildiou. (Source : ARVALIS)
Toute une palette de solutions
pour une protection raisonnée

La protection des plantes intégrée au rythme du cycle de culture
Contrairement à une idée reçue, la protection des plantes ne se résume pas à des traitements, bien au contraire ! Elle s’intègre tout au long du cycle de production.
La vision de la protection, soutenue par la recherche, repose sur l’anticipation, l’observation et la combinaison de leviers, dans une logique de durabilité et de responsabilité envers les consommateurs et les générations futures.
La protection des plantes se traduit par le maintien d’un sol fertile et sain, impliquant un raisonnement sur plusieurs années. Les agriculteurs s’attachent à préserver la qualité de leur sol et de leur environnement afin de contribuer à la protection de leurs cultures, pour assurer une production chaque année.
Prioriser pour mieux protéger : la pyramide des décisions
La protection intégrée repose sur un principe de priorisation des leviers d’action. On privilégie d’abord les mesures les plus durables et préventives avant de recourir, en dernier ressort, à l’application de produits de synthèse de protection des plantes.

Anticiper : mise en place d’un socle de protection
Quelques leviers incontournables :
- Choix de variétés plus résistantes au mildiou et/ou aux virus.
- Diversification des variétés utilisées pour étaler la période de production en alternant avec des variétés précoces et tardives, afin de réduire le risque de pertes en cas de conditions difficiles sur une période donnée
- Rotation longue : en moyenne la pomme de terre n’est cultivée sur une même parcelle que tous les 5 à 6 ans pour limiter le développement des maladies du sol.
- Implantation de couverts intermédiaires (inter-cultures) pour favoriser la qualité du sol, notamment avec des apports naturels en azote et limiter l’apparition de maladies.
- Gestion optimisée de la fertilisation pour renforcer les défenses de la plante tout en intégrant la bonne dose d’engrais au bon moment.
Observer : utilisation des outils d’aide à la décision
Un OAD (Outil d’Aide à la Décision) est une application ou un logiciel qui aide les agriculteurs à faire les bons choix pour leur travail au quotidien. Ces outils utilisent des informations comme la météo, le type de sol ou l’état des cultures pour leur donner des conseils sur quoi faire et quand. Notamment pour irriguer et protéger.
Exemple : Les OAD intégrant le modèle mildiou d’ARVALIS : MILEOS
Le modèle mildiou MILEOS fonctionne à partir des données transmises par des stations météorologiques implantées directement dans les parcelles. En y couplant les autres données de la parcelle (variété cultivée, type de sol, date de plantation…), le modèle peut estimer en temps réel si le risque de développement du mildiou est faible, moyen ou fort. En cas d’alerte, l’agriculteur peut ainsi intervenir au bon moment pour protéger sa culture. L’utilisation des OAD intégrant le modèle MILEOS d’ARVALIS permet de mieux cibler l’intervention et de la positionner au moment idéal.


Devancer : protection naturelle
Avec l’utilisation des OAD, les agriculteurs peuvent adapter leur stratégie et utiliser des méthodes dites naturelles afin de booster la protection des plantes. Par exemple :
- Biocontrôle : utilisation de bactéries au sein de décoctions naturelles contre certaines maladies du feuillage.
- Lutte biologique : lâcher de larves de coccinelles pour lutter contre les pucerons.
En dernier recours : le traitement phytosanitaire des plantes, maîtrisé et raisonné
Lorsqu’aucune autre solution n’est efficace, l’usage raisonné des produits phytopharmaceutiques reste un levier de sécurité pour garantir la récolte. Ces produits sont appliqués à l’aide d’un pulvérisateur de précision dont le fonctionnement vous est expliqué dans la vidéo ci-contre. Leur usage est :
- encadré par la réglementation,
- optimisé par des outils d’Aide la Décision (OAD),
- strictement limité à ce qui est nécessaire.
Vers une protection durable, adaptée et équilibrée
La protection des cultures de pommes de terre est un enjeu collectif, qui engage les agriculteurs et les chercheurs. Grâce à l’innovation agronomique, au numérique et à la responsabilisation des pratiques, la filière française s’engage résolument vers une production performante, responsable, respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.

